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Pas de procès militaire pour les citoyens – Appel à défendre la révolution égyptienne

novembre 12, 2011

Tract d'Occupy Oakland-USA

Lettre du Caire aux mouvements pour la décolonisation & aux autres mouvements de solidarité.

Après trois décennies sous une dictature, le peuple égyptien s’est lancé dans une révolution pour exiger du pain, la liberté et la justice sociale. Après une occupation quasi-utopique de la place Tahrir durant dix-huit jours, nous nous sommes débarrassés de Moubarak, et la deuxième tâche a commencé, plus ardue encore : renverser les appareils de son pouvoir. Moubarak est parti, mais le régime militaire est encore là. Aussi, la révolution se poursuit : en faisant monter la pression, en prenant d’assaut la rue et en revendiquant le droit de contrôler nos vies et nos moyens de vivre contre les systèmes de répression qui ont abusé de nous pendant des années. Mais d’ores et déjà, et semblerait-il, si vite après ses débuts, la révolution est menacée.

Nous écrivons cette lettre pour vous parler de ce que nous voyons, de comment nous entendons nous opposer à la répression, et pour en appeler à votre solidarité.

Les 25 et 28 janvier, le 11 février : vous avez vu et vécu ces jours-là avec nous à la télévision. Mais nous avons aussi lutté le 25 février, le 9 mars, le 9 avril, le 15 mai, le 28 juin, le 23 juillet, le 1er août, le 9 septembre et le 9 octobre. Encore et toujours, l’armée et la police nous ont attaqués, battus, arrêtés, certains d’entre nous ont été tués. Et nous avons résisté, nous avons continué. Certains jours, nous avons perdu. D’autres, nous avons gagné, mais jamais sans pertes. Plus d’un millier de personnes ont donné leur vie pour renverser Moubarak. Beaucoup d’autres sont morts depuis. Nous continuons pour que leur mort ne soit pas vaine. Des noms comme Ali Maher (un manifestant de 15 ans, tué par l’armée à Tahrir, le 9 avril), Atef Yehia (tué d’une balle dans la tête par les forces de sécurité dans une manifestation en solidarité avec la Palestine, le 15 mai), Mina Danial (abattu par l’armée à la manifestation à Maspero, le 9 Octobre). Mina Danial, même mort, souffre l’outrage pervers d’être encore sur la liste de ceux accusés par le procureur militaire.

En outre, depuis que la junte militaire a pris le pouvoir, au moins 12.000 d’entre nous ont été jugés par des tribunaux militaires, sans avoir la possibilité d’avoir recours à des témoins et avec un accès restreint aux services d’un avocat. Les mineurs sont envoyés dans des prisons pour adultes, des condamnations à mort ont été prononcées, la torture sévit. L’armée a soumis les femmes des manifestants à des agressions sexuelles sous la forme de «tests de virginité».

Le 9 octobre, l’armée a massacré 28 d’entre nous à Maspero, ils nous poursuivis avec des chars et nous ont abattus dans la rue tout en manipulant les médias d’Etat pour tenter d’inciter à la violence interconfessionnelle. Le récit de cette histoire a été censuré. L’armée enquête sur elle-même. Et elle vise systématiquement ceux d’entre nous qui prennent la parole. Ce dimanche, notre camarade et blogueur Alaa Abd El Fattah a été emprisonné sur des accusations mensongères. Il passe une nuit encore dans une cellule sans lumière ce soir.

Tout cela par les militaires censés assurer une transition vers la démocratie et qui prétendaient défendre la Révolution et ont convaincu apparemment un grand nombre aussi bien en Egypte qu’à l’étranger. La ligne officielle a été de garantir la «stabilité», sans garantie que l’armée puisse créer un contexte favorable aux prochaines élections. Mais même une fois un nouveau parlement élu, nous vivrons encore sous une junte qui détient les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, sans aucune garantie que cela prenne fin. Ceux qui contestent ce scénario sont harcelés, arrêtés, et torturés. Les procès militaires de civils sont le principal outil de cette répression. Les prisons sont pleines des victimes de cette «transition».

Nous refusons de coopérer avec les procès militaires et les poursuites. Nous ne nous rendrons pas, nous ne nous soumettrons pas aux interrogatoires. S’ils veulent nous trouver, qu’ils viennent donc nous chercher dans nos maisons et sur nos lieux de travail.

Après neuf mois de répression militaire, nous nous battons encore pour notre Révolution. Nous marchons, occupons, faisons grève, renversons le statu quo. Et vous aussi, vous marchez, occupez, faites grève, en renversant le status quo. Nous savons, par l’élan de soutien que nous avons reçu en janvier dernier, que le monde nous a observés de près et a même été inspiré par notre Révolution. Nous nous sommes sentis plus proches de vous que jamais. Et maintenant, c’est à votre tour de nous inspirer, comme nous le montre les luttes de vos mouvements. Nous avons manifesté à l’ambassade américaine au Caire pour protester contre l’expulsion violente de l’occupation de la place Oscar Grant à Oakland. Notre force réside dans le partage de la lutte. S’ils étouffent notre résistance, 1% va gagner – au Caire, à New York, à Londres, à Rome – partout. Mais tant que la Révolution vit dans nos esprits, elle ne connaîtra pas de limite. Nous pouvons encore créer un monde où il fait bon vivre.

Vous pouvez nous aider à défendre notre Révolution.

Les États du G8, du FMI et du Golfe ont promis au régime des prêts de 35 milliards. Les États-Unis donnent à l’armée égyptienne 1,3 milliards d’aides par an. Les gouvernements du monde entier maintiennent leur soutien à long terme et l’alliance avec les dirigeants militaires de l’Égypte. Les balles avec lesquelles nous nous faisons tuer sont fabriquées en Amérique. Les gaz lacrymogènes qui brûlent d’Oakland à la Palestine sont fabriqués dans le Wyoming. La première visite de David Cameron dans l’Égypte post-révolutionnaire a consisté à conclure un marché de vente d’armes. Ce ne sont que quelques exemples. La vie des gens, les libertés civiles et l’avenirne doivent plus être marchandés contre des atouts stratégiques. Nous devons nous unir contre les gouvernements qui ne partagent pas les intérêts de leur peuple.

Nous vous appelons à entreprendre des actions de solidarité pour nous aider à nous opposer à cette répression. Nous proposons une Journée internationale pour défendre la Révolution égyptienne  le 12 novembre sous le slogan «Défendre la Révolution égyptienne – Pas de procès militaires pour les civils. »

L’événement pourrait inclure:

  • Des actions ciblant les ambassades ou les consulats égyptiens pour demander la libération des civils condamnés par des tribunaux militaires. Si Alaa est libéré, la demande de libération des milliers d’autres.
  • Demander la libération des civils condamnés à des tribunaux militaires. Si Alaa est libéré, les milliers d’autres doivent suivre.
  • Projet de vidéos sur la répression à laquelle nous sommes confrontés (les procès militaires, le massacre Maspero) et notre résistance continue. Écrivez-nous pour recevoir les liens internet.
  • Faire une vidéoconférence avec des militants en Égypte
  • Toute action créative qui montre votre soutien, et montre au peuple égyptien qu’ils ont des alliés dans le monde.

Si vous organisez quelque chose ou si vous souhaitez le faire, écrivez-nous à defendtherevolution@gmail.com. Nous aimerions aussi voir des photos et des vidéos de tous les événements que vous organisez.

Appel à l’initiative de la Campagne pour mettre fin aux procès militaires des civils, de la Campagne pour la libération d’Alaa, et du collectif Mosireen

DEFENDRE LA RÉVOLUTION ÉGYPTIENNE – A PARIS et ailleurs dans le monde

5 commentaires leave one →
  1. novembre 12, 2011 3:44

    comment participer a une journée d’action le 12 novembre en etant seulement informé le mème jour !y a t’il une erreur de date ?

    • novembre 12, 2011 4:17

      Cette journée internationale de solidarité a été annoncée depuis plusieurs semaines sur le site de la « Campagne pour mettre fin aux procès militaires des civils », depuis une semaine sur les listes de diffusion du comité et le 9 novembre sur le site Egypte-Solidarité : https://egyptesolidarite.wordpress.com/2011/11/09/soutenir-la-revolution-egyptienne-stop-aux-proces-militaires-des-civils/

  2. novembre 13, 2011 12:22

    Je suis venue samedi à Paris au parvis beaubourg, Hicham Gad a dit qu’il y aurait quelque chose lundi mais je n’ai pas réussi à obtenir plus d’information : est-ce qu’un nouveau rassemblement est prévu pour lundi sur Paris ?

    • novembre 13, 2011 2:34

      Rencontre et débat avec Alaa el-Asswany ce lundi 14 novembre à 19h30… Venez nombreux.. ! https://egyptesolidarite.wordpress.com/2011/10/27/rencontre-et-debat-avec-alaa-el-aswany-ecrire-la-revolution/

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  1. QUI PEUT EMPRISONNER L’EGYPTE? «

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