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Quid des acteurs culturels des révolutions du monde arabe dans l’édition 2011 de la fête de l’Huma ?

septembre 4, 2011

Lettre ouverte aux organisateurs de la fête de l’Humanité, au PCF et à l’inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe

 رسالة مفتوحة لمنظمي مهرجان هومانيته (الانسانية) للحزب الشيوعي الفرنسي مجموعات التضامن مع نضالات شعوب العالم العربي

 

Chers camarades,

En prévision de l’organisation, à la fête de l’Humanité 2011, d’une programmation artistique sur le stand de l’inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe, ci-après désigné comme l’interCo, j’ai été amené avec des camarades artistes et militants à me pencher sur la programmation culturelle de la fête, notamment celle des scènes centrales. Au départ, dans un souci pragmatique : agencer les timing pour éviter les doublons.

Quelle n’a pas été notre surprise de découvrir qu’aucun(e) artiste des révolutions actuelles dans le monde arabe ne figure dans la programmation officielle annoncée.

La principale tête d’affiche, Joan Baez, à titre personnel j’adore, pour ses chansons en hommage aux révolutionnaires Sacco & Vanzetti, pour les droits civiques et contre la guerre au Vietnam. Et les Égyptiens lui savent gré d’avoir en 1978 refusé de jouer à Nuweiba, dans le Sinaï occupé, pour un remake israélien de Woodstock. Et c’est peu dire qu’elle a inspiré des générations d’artistes rebelles, y compris dans le monde arabe, comme Badiaa Bouhrizi-El Werghi, très tôt mobilisée pour la révolution tunisienne. Avec sa guitare et ses protest-songs, elle a parfois des allures de Joan Baez arabo-berbère.

Cependant, au plus fort de la révolution égyptienne, j’avais sous forme de boutade dit que « la place Tahrir a ringardisé Woodstock ». Joan Baez était une des figures emblématiques de ce festival contestataire non-stop qui a duré 3 jours, en août 1969. Il a certes marqué culturellement son temps, mais il n’a pas fondamentalement changé le cours de l’histoire. En 2011 Place Tahrir, après 18 jours de sit-in non-stop, manifestants-chanteurs et chanteurs-manifestants ont déboulonné le raïs Hosni Moubarak, et jeté les bases d’une révolution démocratique et sociale qui, bon gré mal gré, continue aujourd’hui encore. Dans la foulée des Tunisiens, ils ont insufflé au monde un esprit d’espoir nouveau, celui de la reconquête de la Dignité, de l’estime de soi en nom individuel et collectif, celui aussi du pouvoir au peuple.

De multiples artistes aux styles très divers se sont produits place Tahrir, des anciens comme le charismatique Zakaria Ibrahim et sa troupe El Tanbura de Port-Saïd, composée de pêcheurs, de musiciens et de philosophes soufis. Le poète Ahmed Fouad Negm, compagnon du célèbre barde disparu Cheikh Imam, a partagé la scène de la place Tahrir avec des jeunes comme Rami Essam, « le chanteur de la révolution ». Les rappers Arabian Knights et Rami Donjwan ont aussi mobilisé les gens dans le monde entier à travers internet, avec l’appui de Khalass, label indé animé par des exilés Libyens. Sans oublier Mohamed Mounir, que vous connaissez sans doute pour ses prestations virtuoses dans les films de Youssef Chahine (cf. Le Destin). Ou encore Amir Eid du groupe rock Cairokee, et Hany Adel de Wust El Balad, dont la chanson « Sout el Horreya » ( « La Voix de la liberté dans toutes les rues du pays» ), a été vue des millions de fois sur le net.

Rappelons aussi que des artistes internationaux de renom, enthousiasmés, ont chanté la révolution égyptienne, parmi lesquels Natacha Atlas, Ysuf Islam /Cat Stevens, Lemchaheb &Dissidenten, etc… (pour plus d’informations, lire les Révolutions arabes en chantant)

Parmi tous ces chantres de la révolution, ces acteurs concrets de la révolution égyptienne et de la solidarité internationale, aucun n’a-t-il donc sa place à la fête de l’Huma, sur les scènes officielles, parmi les invités d’honneur ?

Cette absence s’explique peut-être en partie par la dichotomie persistante entre culture et politique dans les pratiques militantes en France : à la culture et aux artistes l’animation et le divertissement populaire, à la politique et aux hommes politiques les choses sérieuses et les débats. Ah, les débats politiques aux intitulés grandiloquents du genre « Le printemps arabe va-t-il changer la donne mondiale? », voilà l’essentiel !
Au regard des révolutions arabes, c’est faire fi du rôle des musiciens ou chanteurs qui payent leur engagement dans leur chair, parfois au prix de leur vie : en Égypte, Ahmed Bassiouni a été tué dès les premiers jours place Tahrir, Rami Essam a lui été blessé par les baltaguis, puis torturé par la police militaire. Au Bahreïn, en Syrie, on poursuit, emprisonne, torture et parfois assassine les artistes. Cet été à Hama, on a ainsi retrouvé dans un fleuve le chanteur Ibrahim Quachouch la gorge tranchée.

Dans le monde arabe, manifestants-chanteurs et chanteurs-manifestants n’oublient pas. Ils expriment leur solidarité sur la place publique : à Tahrir au Caire, de même que dans d’autres villes, du Maroc à Bahreïn, on entonne la même ritournelle : « Al-Chaab yourid Esquat el-Nizham », « le peuple veut la chute du régime ». On chante en hommage aux victimes de la répression au Yémen et en Syrie : c’est ainsi qu’on reprend en coeur « Yallah, Irhal, Dégage ya Bachar » d’Ibrahim Quachouch.

Des artistes traversent aussi les frontières pour passer le mot. Au risque de se voir expulser du pays, comme ce fut encore le cas à la mi-août pour le tunisien Bendir Man en Algérie. Le pouvoir, qui lui reproche de vouloir « exporter » la révolution tunisienne avec ses textes satyriques (« 99 % chabaa dimocratia » – démocratie pleine à 99 %), a même ordonné l’interruption de son concert en duo avec Baaziz. Réaction du public : « Baaziz président, Baaziz président ! »

Tous ces chantres de la révolution, ces acteurs concrets des révolutions dans le monde arabe, n’ont-ils pas leur place à la fête de l’Huma, sur les scènes officielles, parmi les invités d’honneur ?

De par leur démarche transnationale, chanteurs et musiciens progressistes ou révolutionnaires du monde arabe renouent avec « l’internationale des artistes » si présente durant les luttes anticoloniales, y compris dans l’immigration en France. Que nous propose la fête de l’Huma ? HK et les Saltimbanks pour « leur musique nomade et leurs chansons entraînantes et engagées, abordant parfois avec humour les sujets de société les plus sensibles ». Que d’euphémismes ! Et Souad Massi, « chanteuse talentueuse d’origine algérienne » dont « les chansons sont un véritable hymne à la mixité et à la tolérance ». Peuchère…

La « mixité et la tolérance » dans et par la lutte, tel semble bien le message de la com’ pour la fête de l’Humanité 2011. Je n’ai rien à redire s’il s’agit de la lutte contre le racisme et la xénophobie d’État qui s’amplifient à la veille de nouvelles échéances électorales en France. Et sur ce front-là, on n’oublie pas les déclarations tonitruantes sur les « menaces migratoires » que feraient peser les révolutions du sud sur la France et l’Europe. Ni le rejet des nouveaux migrants tunisiens. Ni les milliers de morts en Méditerranée ou dans le désert libyen, fuyant la guerre civile appuyée par l’OTAN.

Cependant, l’ode à la « mixité et la tolérance » semble aussi indiquer un recentrage sur des enjeux franco-français, dans lesquels la référence aux révolutions dans le monde arabe constituerait tout au mieux un « plus ». Regardez cette affiche de métisse avec quelque chose d’orientale, un clin d’œil sans doute aux révolutions arabes. Elle est choquante. Non pas parce qu’elle met en avant une femme. Les femmes ont été omniprésentes dans les révolutions du monde arabe, et d’autres visuels bien avant la fête de l’Huma ont mis en avant des femmes arabes ou berbères comme étendard symbolique. Avec ou sans foulard d’ailleurs. Mais certainement pas avec un drapeau israélien dans les cheveux au vent, fusse-t-il accolé au drapeau palestinien. Omar Alsoumi, ex-président de la GUPS et de Génération Palestine, a raison de fustiger cette image subliminale du « drapeau des crimes sionistes » (Lire son texte, « Pour la fête de l’Humanité, suivre le drapeau israélien »).

Je ne suis pas un fétichiste du drapeau, mais il y a bien une bataille symbolique autour des drapeaux. En Égypte et au-delà, « Flagman », un jeune ouvrier du bâtiment est devenu un héros des révolutions du monde arabe pour avoir escaladé la façade de l’ambassade d’Israël au Caire afin de décrocher le drapeau honni. En maintenant et en justifiant la présence de ce drapeau au nom de sa ligne « deux peuples, deux États » (que je ne discuterais pas ici tant il fait débat, y compris au sein de l’interCo), la fête de l’Huma et le PCF se mettent en porte-à-faux par rapport aux révolutions en cours qui, au nom d’une dignité et d’une indépendance retrouvées, n’entendent pas se voir dicter les conditions de la paix dans la région.

Au-delà du drapeau frappé de l’étoile de David, force est aussi de constater l’absence d’autres drapeaux des révolutions dans le monde arabe. A moins que je ne sois miro, ceux du Bahreïn, d’Égypte, de Syrie, du Maroc, pour ne citer que ceux-là, manquent à l’appel. Il y a certes un vague drapeau rouge blanc et noir, les couleurs du Yémen. Mais peut-être l’aigle égyptien est-il trop sophistiqué, trop fastidieux à dessiner ? Il en existe pourtant déjà des déclinaisons multiples disponibles sur internet. Prenez par exemple celles du caricaturiste brésilien Carlos Latuff. Dans ses dessins, il multiplie les références à cet aigle symbole de la révolution et rempart de la démocratie populaire naissante.

Bref. De l’absence des acteurs culturels des révolutions dans le monde arabe à la « bataille des drapeaux », tout cela mérite explication. J’ai posé ces questions au PCF dans le cadre des échanges à l’interCo – dont, dois-je le rappeler, le PCF est membre. Sans réponse à ce jour. Je les repose. Mais dans ce contexte, et sans clarification préalable, pour moi et d’autres camarades, il est exclu de participer à l’organisation d’une programmation artistique (plateau musical, exposition…) sur un stand marginal de l’interCo relégué quelque part dans le « village du monde ».

C’est une question de respect et de dignité pour les révolutions en cours.

Avec mes salutations.

Mogniss H. Abdallah
Paris, le 3 septembre 2011

ماذا عن الفعاليات الثقافية من الثورات في العالم العربي في طبعة 2011 من مهرجانهومانيته سبتمبر 2011

لجنة التضامن مع نضال الشعب المصري

رسالة مفتوحة لمنظمي مهرجان هومانيته (الانسانية) للحزب الشيوعي الفرنسي مجموعات التضامن مع نضالات شعوب العالم العربي

أيها الرفاق

تحسبا لاعداد برنامج فني في احتفالات مهرجان هومانيته لعام 2011 ، المشار إليه فيما بعد باسم Interco أنتركو. قد تم اختياري مع بعض الزملاء و الفنانين والناشطين للنظر في البرمجة الثقافية للمهرجان، بما فيها المشاهد الرئسية. و ليتم ذلك بشفافية و واقعية قمنا في البداية بترتيب المواعيد لتجنب الازدواجية.

و كم كانت مفاجئتنا عندما اكتشافنا خلو البرنامج الرسمي المعلن، لاي من أسماء فناني الثورات الحالية في العالم العربي.

الاسم الرئيسي للبرنامج، هي جوان بايز، و بالرغم من محبتي و احترامي لشخصيتها ولأغانيها السياسية الملتزمة و تكريما لساكو و فانزيتي الثورية، من أجل الحقوق المدنية ومناهضة حرب فيتنام. والمصريون يكنون لها كل الحب والاحترام لرفضها في عام 1978 الغناء في نويبع بسيناء المحتلة للفرقة الإسرائيلية وودستوك. و أقل ما يقال عنها انها الهمت العديد من أجيال الفنانين المتمردين في العالم بما في ذلك العالم العربي. من بينهم المطربة والملحنة التونسية بديعة بوحريزي الورغي التي التحقت في وقت مبكر جدا بثورة تونس. و هي تقدم الأغنية الحرّة الاحتجاجية كمسارا نحو الأفق، و بعزفها على الغيثار تشعر أحيانا كأنها جوان بايز العرب والبربر.

و في ذروة الثورة المصرية، و على سبيل المزاح و النكته ان « ميدان التحرير ازاح وودستوك ». وكانت جوان بايز واحدة من الوجوه المميزة التي ترمز لهذا المهرجان الاحتجاجي الذي استمر دون انقطاع ثلاثة أيام في أغسطس 1969. انه بالتأكيد ترك علامة ثقافية مميزة في زمنه، لكنه لم يغيير تغييرا جذريا في مسار التاريخ.

ولكن ميدان التحرير في عام 2011 ، و على مدى 18 يوما من الاعتصام المستمر بلا انقطاع، والمغنيين، والمتظاهرين المحتجين نجحوا باطاحة الريس حسني مبارك، وأرسوا الأسس لثورة ديمقراطية واجتماعية، شئنا أم أبينا ، فهي مستمرة حتى اليوم. و في أعقاب التونسيين قدموا إلى العالم روح جديدة من الأمل، في استعادة الكرامة واحترام الذات و الاعتزاز بالنفس لصالح الفرد أو الجماعة ، حيث أن السلطة للشعب.

كما قدم العديد من الفنانين من مختلف الفنون الذين وقفوا في ميدان التحرير مثل زكريا إبراهيم صاحب الكاريزما مع فرقتة الطنبورة، من بورسعيد ، فاغانيه يمتزج فيها حركات ‘الضمة’، ذات الأصول الصوفية والترانيم الروحية، مع آلة ‘السمسية’ الوترية ذات الأصول الفرعونية، بالاضافة إلى أثر موسيقي البحر الأبيض المتوسط و أغاني الصيادين. و الشاعر أحمد فؤاد نجم ، رفيق الإمام الشيخ الشاعر الشهير االراحل ، شارك في ميدان التحرير مع الشباب مثل عصام رامي، « مغني الثورة ». فرسان الراب العربي و رامي دنجوان اللذين قاموا بتعبئة الناس في جميع أنحاء العالم من خلال شبكة الانترنت. بدعم من حركة خلاص المستقلة التي يديرها الليبيين المنفيين. ناهيك عن محمد منير ، وربما كنت تعرفونه من خلال أدائه في أفلام الموهوب يوسف شاهين (انظر المصير). وقد شوهد أمير عيد أو فريق الروك Cairokee و هاني عادل فرقه وسط البلد، و أغنية « صوت الحرية  » (« صوت الحرية في كل شارع في بلادي »)، التي تم مشاهدتها ملايين المرات على النت.

كما نتذكر أن الفنانين العالميين المشهورين اللذين تحمسوا ، وغنوا للثورة المصرية ، من بينهم ناتاشا أطلس ، وإسلام يوسف / كات ستيفنز ، و لمشاهب و ديسيدانتن ، الخ… (للحصول على مزيد من المعلومات ، إقرء ثورات العالم العربي يغني).

كل هؤلاء المنشدين و المغنيين هم العناصر الفاعلة الحقيقية للثورة المصرية والتضامن الدولي ، ليس لهم مكان بين ضيوف الشرف على المنصة الرسمية في احتفالات مهرجان الهومانيته ؟

و ربما يفسر هذا الغياب جزئيا إلى ثنائية الانقسام المستمر بين الثقافة والسياسة في الممارسات النضالية في فرنسا : للفنانين الثقافة والترفيه و التسالي الشعبية ، و للسياسيين السياسة و المناقشات السياسية و الأشياء االجادة والنقاش. هذا النقاش السياسي ذات الكلمات الطنانة مثل  » هل الربيع العربي سيغير النظام العالمي ؟ « هذا هو جوهر الموضوع !

وبالنظر إلى الثورة العربية فان تجاهل دور الفنانين من الموسيقيين أو المطربين الذين يدفعون من دمهم و أحيانا يدفعون حياتهم ثمنا لالتزامهم، على سبيل المثال في مصر قتل أحمد بسيوني في الأيام الأولى بميدان التحرير ، و أصيب رامي عصام بجروح من قبل البلطجية وتعرض للتعذيب من قبل الشرطة العسكرية. و في البحرين وسوريا ، يسجنون ويعذبون ويقتلون الفنانين في بعض الأحيان. ففي حماه عثر في النهر على جثة المطرب السوري ابراهيم قاشوش الذي اشتهر مؤخرا بأنه مطرب الثورة السورية فقد تم ذبحه واقتلاع حنجرته.

فإن المتظاهرين والمحتجين والمغنيين في العالم العربي، يعربون عن تضامنهم في الساحة العامة : في ميدان التحرير بالقاهرة ، وكذلك في مدن أخرى ، من المغرب إلى البحرين ، يرددون نفس النغمة و نفس الشعارات :  » الشعب يريد اسقاط النظام » ، و  » الشعب يريد سقوط النظام « . نحن نغني تكريما لضحايا القمع في اليمن وسوريا : ونردد و نكرر بقلب واحدا « يلا ، إرحل ، اخرج يا بشار » لابراهيم قاشوش.

فنانون يعبرون الحدود لنشر الكلمة و ذلك برغم تعرضهم لخطر الطرد . كما حدث في منتصف أغسطس للتونسي بندير مان. فقد طردته السلطات من الأراضي الجزائرية، متهمة اياه بالسعي الى « تصدير » الثورة من خلال نصوصه الساخرة التونسية « 99 بالمائة شبعة ديمقراطية « . و أمرت بتوقف الحفل في دويتو مع بعزيز . و تفاعل الجمهور : و أحذ يردد  » بعزيز رئيس، بعزيز رئيس ! « 

كل هؤلاء المنشيدون للثورة، والجهات الفاعلة الحقيقية للثورات في العالم العربي. ليس لهم مكان في احتفالات مهرجان الهومانيته ، على المنصة الرسمية أو بين ضيوف الشرف؟

فمن أجل مسيرتهم المتعددة القوميات، و بلا حدود، فان المطربين والموسيقيين التقدميين أو الثوريين في العالم العربي يستانفون مع « الفنانون الدوليون » الذين شاركوا في النضال ضد الاستعمار ، بما في ذلك الهجرة في فرنسا. فماذا يقترح علينا عيد الهومانيته ؟ & Saltimbank HK لموسيقاهم النقالة و التي تعرف في المقام الأول باعتبارها « مواطن العالم ». و أغانيهم الجذابة البدوية و الملتزمة التي تعالج في بعض الأحيان ا القضايا الاجنماعية و الحساسة بروح الدعابة. و للتورية و التلطبف ! وسعاد ماسي ، ا لمغنية الموهوبة من أصل جزائري ،  » فأغنيها نشيد حقيقي للتنوع والتسامح »…

« التنوع والتسامح » في المعركة و بالمعركة، و يبدو هذا هو رسالة عيد الهومانبتبه في 2011 . ليس لدي أي شيئ يقال إذا كان هذا هو الكفاح ضد العنصرية و في ظل كراهية الدولة للأجانب التي تزداد عشية الانتخابات الجديدة في فرنسا. وعلى هذه الجبهة، ونحن لا ننسى التصريحات المدوية حول « التهديد من خطر الهجرة » و تأثير ثورات الجنوب على فرنسا وأوروبا. لا رفض المهاجرين الجدد من تونس، أو موت الالاف في منطقة البحر الأبيض المتوسط أو في الصحراء الليبية ، الفرين من الحرب الاهلية التي يدعمها حلف شمال الاطلسي.

ومع ذلك، فإن تكرار قصيدة « التنوع والتسامح » و التركيز على الرهانات الفرانكو الفرنسية ، والتي تشير إلى الثورات في العالم العربي في أحسن الأحوال على انها « أكثر ».

أنظر إلى هذا الملصق المختلط العرق الذي يوحي إلى الشرق، في اشارة بلا أدنى شك الى الثورات العربية. إنه لأمر مزعج. ليس لأنه يسلط الضوء على المرأة، فقد كانت المرأة موجودة في الثورات في العالم العربي، وغيرها وذلك قبل عيد الهومانيته، الذي أبرز المرأة العربية والبربرية كعلم رمزي، سواء كانت مغطية الرأس أو لا. ولكن بالتأكيد ليس بالعلم الإسرائيلي يهفهف في الشعر حتى لو كان معلق أو يعانق العلم الفلسطيني. فعمر السومي، الرئيس السابق  » للاتحاد العام للطلبة الفلسطينيين  » و  » الجيل فلسطين  » له حق توبيخ و نقد هذه الصورة المموهة « للإشارة لجرائم الصهيونية » ( اقرأ النص ،  » للمشاركة في مهرجان للبشرية ، اتبع العلم الإسرائيلي  » ).

أنني لست مولعا بالعلم ، ولكن هناك معركة رمزية تدور حول الأعلام . في مصر وماوراء، « فلاجمان » ، عامل البناء أحمد الشحات الذي تسلق المبنى الذي يضم السفارة الإسرائيلية بالقاهرة وقام بنزع العلم الإسرائيلي المكروه ووضع مكانه العلم المصري، تحول إلى بطل شعبي في مصر و أصبح بطلا للثورات في العالم العربي.

و الان لتبرير وجود هذا العلم باسم منهاجها « شعبين ودولتين » ( منهج لا أناقشه هنا حيث يجري مناقشته ، بما في ذلك داخل INTERCO أنتركو) ، وعيد الهومانيته و الحزب الشيوعي الفرنسي يضعا نفسهما في خلاف مع الثورات المستمرة و باسم لاستقلال و الكرامة المستعادة، لا يريدا املاء شروط السلام في المنطقة.

ما وراء علم نجمة داود ، يجب أن نلاحظ أيضا عدم وجود أعلام أخرى من الثورات في العالم العربي، و لربما كنت أعمى لا أرى. فعلى سبيل المثال لا الحصر أين علم البحرين و مصر و سوريا و المغرب ، انهم في عداد المفقودين. هناك بالتأكيد علم بالألوان أحمر و أبيض و أسود ، و هي ألوان اليمن. ولكن ربما النسر المصري متطور و معقد وممل جدا لاستطاعة رسمه ؟ هناك أشكال متعددة منه على الانترنت متاحة بالفعل. خذ على سبيل المثال كاريكاتير البرازيلي كارلوس لطوف في رسومه ، العديد من الإشارات إلى النسر رمز للثورة وحصنا للديمقراطية الشعبية الناشئة .

وباختصار من غياب الفعاليات الثقافية للثورات في العالم العربي إلى  » معركة الاعلام » يحتاج كل هذا إلى تفسير. كنت قد طرحت هذه الأسئلة على الحزب الشيوعي الفرنسي فإطار التبادل مع أنتركو interco و للتذكير فان الحزب الشيوعي الفرنسي عضوا فيها. ولم يتم الرد حتى الآن. ولكن في هذا السياق ، ودون توضيح مسبق بالنسبة لي ولرفاق آخرين ، فاننا نستبعد المشاركة في تنظيم برنامج فني (الموسيقى والمعارض…) على منصة مهمشة للأنتركو interco هبطت في مكان ما في « قرية العالم ».

مع تحياتي

مؤنس حامد عبدالله

 

5 commentaires leave one →
  1. Sabreen permalink
    septembre 5, 2011 8:10

    Excellent cet édito. Et un grand merci pour le Comité de solidarité pour son analyse qui confronte le décalage des partis politiques par rapport à la réalité des révolutions arabes qui continuent.

  2. Mogniss permalink
    septembre 12, 2011 7:41

    Reçu de Dominique Grange, chanteuse-manifestante et manifestante-chanteuse :

    Je souscris pleinement au contenu de la Lettre ouverte de Mogniss H. Abdallah aux organisateurs de la Fête de l’Huma et au PCF, et j’apporte mon soutien et ma signature à cette lettre.

    Dominique Grange
    (chanteuse engagée qui en connais un bout sur la mise à l’écart des « manifestants-chanteurs et chanteurs-manifestants »,
    comme les appelle joliment Mogniss, et dont je fais partie depuis notre belle révolution de Mai 1968!… )
    Au fait, ne faut-il pas se réjouir que les chantres de la Révolution n’aient pas leur place dans les médias ou dans des évènements hypermédiatisés
    comme la Fête de l’Huma, devenue depuis quelques années la grande mondanité française de gauche où il faut à tout prix se montrer aux côtés de ceux
    qui l’ont toujours trahie, justement, la Révolution?! N’est-ce pas le signe que nos chansons à nous, chanteurs/euses révolutionnaires, sont et resteront
    pour toujours des armes uniques et irremplaçables? Puisqu’elles continuent contre vents et marées, aujourd’hui comme hier, de faire peur à ceux qui n’ont
    et n’auront peut-être jamais le courage de descendre dans la rue pour crier « Erhal ! Dégage! » aux dictateurs et aux tyrans, comme l’ont fait sans répit depuis six mois
    nos frères arabes combattant pour la liberté, souvent au prix de leur vie, en Tunisie, Egypte, Bahrein, Yémen, Maroc, Algérie, Syrie, Lybie, et ailleurs…
    Soyons fiers de nos chansons qui traversent les frontières, se glissent entre les barbelés, s’envolent par-dessus le mur qui emprisonne nos frères palestiniens,
    et s’en vont donner de l’espoir à tous ceux qui, quelque part dans le monde, vivent sous le joug de l’oppression et du terrorisme d’Etat!
    Soyons fiers, enfin, de ne pas être de ceux à qui les feux des projecteurs, l’attrait de la réussite, du fric et du pouvoir, font oublier qu’ils ont un jour chanté la Révolution!

    D.G. (11 septembre 2011)

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