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Analyse des racines de la « révolution démocratique » en Egypte par Omar El-Shafei

juillet 22, 2011

Lors d’une conférence donnée mi-avril à Lausanne (Suisse), ici restituée en image,
notre ami Omar El-Shafei développe en français une analyse d’ensemble sur les
racines de la révolution égyptienne en cours.

Il s’attache en particulier à réfuter « l’interprétation d’une révolution purement démocratique » qui aurait été initiée par une jeunesse des classes moyennes intégrée à la mondialisation, et met davantage en valeur le long processus de transformation de l’intérieur, ce qu’il appelle « l’émancipation interne », de mouvements sociaux de masse qui ont fini par converger en dépassant les clivages traditionnels entre le social, l’économie et la politique, entre questions intérieures et luttes contre l’impérialisme américano-sioniste. Il explique ainsi qu’il y a bien eu rupture avec le pessimisme ambiant, jusqu’alors alimenté par notamment les clivages religieux attisés par les fondamentalistes. Des gains réels, qui ne sauraient se réduire aux « cadeaux du jeudi » du Conseil suprême des forces armées, ont été obtenus, et cela grâce à des acteurs de la société parmi lesquels il cite les femmes et les habitants regroupés dans les comités populaires…

Mais il met aussi en garde contre les représentations de l’Égypte pré-révolutionnaire qui tendraient à relativiser le caractère autoritaire du régime Moubarak parfois présenté comme « modéré » (sic!), et à encenser une croissance d’une économie réformée et désormais dépendante d’une politique d’exportations inspirée par le FMI. Il souligne que la contre-réforme agraire des années 90 a eu des conséquences sociales dramatiques, ou encore que la crise mondiale de 2008 a eu un impact énorme sur des pays comme la Tunisie ou l’Égypte, aggravant davantage encore une profonde misère sociale.

Enfin, s’il se réjouit du discrédit populaire d’une police en état de décomposition, il pointe le transfert de la répression entre les mains de la police militaire et préconise la révolte contre les nouveaux dispositifs répressifs (musée transformé en centre de torture, loi criminalisant grèves et manifestations etc.). En dépit de ces tentations autoritaires, Omar El-Shafei garde un espoir lucide dans l’avenir de la « contestation révolutionnaire » : « la pression populaire va aboutir à davantage de concessions », prédit-il. « Les ouvriers ont conscience que c’est l’ampleur de leurs mouvements de  grève qui peut les protéger ». Et l’émergence de syndicats indépendants conforte le processus d’émancipation par le bas qui peut, selon lui, conduire à une vraie rupture qualitative, à de réelles transformations démocratiques et sociales…

C’est clair, limpide, et d’une grande actualité.

Mogniss H. Abdallah

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