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Environ 700 personnes dans le(s) cortège(s) du 1er mai à Paris pour la solidarité avec les révolutions des peuples du monde arabe en lutte

mai 2, 2011

« Un seul avenir : les révolutions ». Derrière cette banderole de tête – en français et en arabe – portée par une douzaine de représentants de l’Inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe, près de 700 personnes ont défilé de la place de la République à Nation, au sein de la manifestation parisienne pour la fête internationale des travailleurs du 1er Mai.

La solidarité avec les peuples en lutte pour la dignité et la liberté, ainsi que l’égalité des droits entre travailleurs français et immigrés comme antidote à la « préférence nationale » agitée par le Front national, étaient des thèmes retenus cette année par les confédérations syndicales françaises. Ils devaient être repris par l’ensemble des cortèges, qui ont rassemblé 20 000 personnes environ, des dizaines de milliers d’autres à travers le pays.

Cependant, l’Inter-collectif a voulu donner une visibilité accrue à la solidarité internationale comme une force collective montante, portée par l’espoir et l’enthousiasme des jeunes révolutionnaires de Tunisie et d’Egypte. C’est pourquoi il a appelé à un cortège commun.

Algériens, Bahreïnis, Egyptiens, Libanais, Libyens, Marocains, Palestiniens, Syriens, Tunisiens et Yéménites ont ainsi défilé ensemble, avec quelques Français ou Européens. Quelques dizaines de Tunisiens de Lampedusa ont aussi rejoint le cortège en cours de route.

Les consignes pour resserrer les rangs ont certes été diversement suivies, certains groupes défilant derrière leurs propres banderoles par nationalité, avec parfois leur propre sono. Ce qui a provoqué des cassures dans le défilé. Mais sur la plateforme du camion de l’inter-collectif en tête, on a assisté à une étonnante fusion des manifestant-e-s d’origines diverses : emmenés par le chanteur égyptien Hicham Gad, la palestinienne Abeer, l’algérienne Soussou et la libyenne Salha, ils ont entonné ensemble, dans un esprit combattif et festif, des chansons révolutionnaires parmi lesquelles « Elèves tes palais sur nos champs », le fameux hymne de Cheikh Imam aux travailleurs, aux paysans et aux étudiants.

Parfois, la bataille pour le micro a été rude, des intrus voulant scander leur propre message. Mais les slogans unificateurs ont repris le dessus : « Palestine vaincra », retentit en force face aux provocations d’un petit groupe de jeunes arborant étoile de David et drapeau israélien derrière un cordon de CRS accouru à la hâte (pour éviter que les provocateurs ne prennent une bonne raclée par le SO de la CNT prêt à bondir); et « Al Chaab yourid asquat al nidham ».

« Le peuple veut la chute du régime. Le peuple veut la chute du système ». Ce slogan de la place Tahrir, qui résonne aujourd’hui au Bahreïn, en Syrie et au Yémen, il faut encore encore le traduire et l’expliquer aux camarades français présents dans le cortège. Comme le reste des slogans d’ailleurs. En effet, les manifestants un peu déçus par la faible présence française, se laissent aller à ne s’exprimer qu’en arabe, parfois en berbère. C’est compréhensible mais dommage. D’autant plus que les manifestant-e-s arabes ou arabo-berbères ont aussi des revendications sociales et politiques exprimés ailleurs dans les cortèges syndicaux français, portant sur le pouvoir d’achat, les conditions de travail et de vie précarisées etc.

Place Tahrir au Caire : nouveau rassemblement pour les droits des travailleurs et des chômeurs

Des revendications de justice sociale qui ont été au coeur de la grande mobilisation des travailleurs et des chômeurs à nouveau réunis par milliers sur la place Tahrir au Caire, en ce 1er Mai 2011, au cours de laquelle a été annoncée la création d’au moins 21 nouveaux syndicats libres, dont 12 ont d’ores et déjà rejoint la Fédération indépendante lancé le 30 janvier 2011, en plein soulèvement révolutionnaire. A cette occasion, le dirigeant Kamel Khalil a pour sa part lancé publiquement le parti démocratique des travailleurs, et le Parti communiste égyptien a annoncé sa sortie de la clandestinité.

Par ailleurs, 2 000 manifestants ont fait le siège de l’ETUF, la fédération syndicale officielle, pour demander notamment sa dissolution, ainsi que l’annulation de la nouvelle loi tendant à criminaliser grèves et manifestants troublant l’ordre public ou la bonne marche de l’économie. Amnesty International a pour sa part réitéré sa demande dans le même sens contre une « loi qui bafoue le droit à la liberté de réunion et le droit de grève des Égyptiens, pourtant garantis par le droit international. »

Enfin, les militants réunis place Tahrir pour un « tribunal populaire » contre le clan Moubarak et le dirigeant syndicaliste corrompu Hussein Megawer ont annoncé qu’ils rendront leur verdict vendredi prochain.

les Tunisiens de Lampedusa

Pendant ce temps, à Paris, les Tunisiens de Lampedusa se sont rassemblés et ont pris la direction du 51 avenue Simon Bolivar dans le 19ème arrondissement, pour occuper un bâtiment vide appartenant à la ville de Paris. Mardi 2 Mai, ils y sont une centaine, soutiens compris. Sur la banderole déployée au 1er étage, on peut lire : « Ni police, ni charité. Un lieu pour s’organiser ». Signé : Les Tunisiens de Lampedusa à Paris.

Mogniss H. Abdallah
dépêche de l’agence IM’média,
2 Mai 2011

2 commentaires leave one →
  1. mai 4, 2011 9:58

    vive la grande révolution arabe

Trackbacks

  1. LE PARI(S) DES RÊVOLUTIONS ARABES «

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